Partition olfactive – « Pas dire », Lola Nicolle

Mis à jour : 14 juin 2018




La Maison coule publiait en octobre 2015 son premier ouvrage.

Cette Maison d’Edition a été fondée par plusieurs passionnées de l’édition, la reliure ou encore le graphisme. Et je sais que même si…, leur première parution, est une collaboration entre plusieurs auteurs dont les textes ont inspirés des illustrateurs, des photographes, et des graphistes.

Lors de la soirée de lancement à la galerie Graphem, le Journal d'un Anosmique a été invité pour mettre en odeur le poème écrit par Lola Nicolle, « Pas Dire».

Nous avons alors imaginé une installation olfactive : Partition Olfactive de Pas Dire. L’idée est simple. De gauche à droite, une échelle de temps et les odeurs qui correspondent à chacune des parties du texte. Cette partition olfactive propose alors des accords évoluants tout au long du poème.

Le protocole est donc le suivant : lire une première fois le texte, puis relire chacune de ses parties commençant par les mots en gras pour se reporter aux odeurs associées.



« Pas Dire », poème de Lola Nicolle


Je veux voudrais peut-être ou sûrement oui je veux

affirme et signe je veux et vérifie les doutes mais comme ça démange ils sont cachés le couloir la porte les clés ouvrent sur eux ça met des syllabes dans je veux ça parle à la place de ce que je voudrais te douter quand libre moi je vais partir je dérange je vois qu’ils entrent dans ma bouche-de-peur je deviens l’apatride du langage parce que entre la bouche et la porte je les voient peur maintenant ils tenaient chaud les doutes c’était fourrure sur la carcasse maintenant mue de la monosyllabe pas repartir avec ta peur dans ma poche ma peur dans ta bouche pourquoi c’est je sais je voudrais une seconde chasses les on peut parler éteints l’ampoule qu’ils s’y brûlent ce qu’ils leurs restent d’ailes là juste la peur-panique

tes doigts emmêlés à mon coeur écoute pas c’est pas toi qui fait ça c’est la tachycardie ils ont peur mais nous nous aussi.

Ce serait pas grave si du courage on savait parler si tu rallumais la lumière et qu’on brûlait les couvertures il faudrait

lâcher prise, les vannes, les années, les cages qu’on a mis du temps à fermer faudrait écrire en capitale que le noir et gris c’est pas la peine faudrait qu’on entortille des rêves sans

fil de fer descendre de nos croix retrouver un jardin pour se dire je veux mais pour avouer il faudrait qu’on se le dise que je l’enlève ton masque toi le mien et oui on glisse tard la nuit sur les chemins à l’envers nous ce serait un visage et un ventre où se reporter quand la tempête bat dans nos têtes pour pause arrêter et apprendre à parler ton langage ma langue je dessinerai avec l’accent du voyage ce que l’armée des doutes aura gommé tu pourras poser des mots sur mes paupières ton-dos-ciel dans mes mains je pourrai te dire ce que je voulais tout à l’heure dire -toujours et depuis le début du monde je pourrais te dire j’ai pas menti, j’abandonne à toi ce qu’il reste dans ma bouche j’essaierai de te dire que.




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